Présence

J’habille la surface de matière pour mieux l’habiter.
J’y dépose aussi des taches, des tracés, des traces que je crée par frottage
ou empreintes à partir d’éléments souvent prélevés dans la nature.
Les accumulations et superpositions à peine visibles créent une densité
qui me permet de révéler par effacement les formes enfouies et
la mémoire des chemins parcourus.

Je cherche toujours à faire respirer le papier, à construire un espace
peuplé de présences pour tenter d’écrire l’indicible. Je le nourris de
ma mémoire perdue, avec ses trous, ses bleus, ses blancs,
les lambeaux de mon histoire.
Une mémoire enfouie qui parfois me fait signe de manière
tout à fait inattendue et que je salue, tandis que l’instant s’évanouit
et se recrée sans cesse à la lumière des matières travaillées.

Il m’arrive de me perdre jusqu’à ce qu’un chemin se redessine dans la couleur.